Interview du président de l’association RAY E BASTA pour le magazine "Aux nouvelles Niçoises"

 

RAY E BASTA, pour que l’Histoire continue

 

Depuis 1927, le Stade du Ray est le théâtre des exploits de l’OGC Nice, symbole de toute une ville. Aujourd’hui, les intérêts financiers de quelques uns menacent sérieusement de mettre fin à cette histoire d’amour que vivent les Niçois pour leur club et leur stade. L’association RAY E BASTA mène ce combat pour que perdure la tradition…

 

F. Dalmasso, peux-tu nous présenter brièvement l’association RAY E BASTA ?

F.D : L’association RAY E BASTA s’est crée car nous avons constaté que les Niçois n’ont jamais été écoutés quant à leur opinion sur l’emplacement du nouveau stade de football professionnel.  Nous sommes tous bénévoles, amoureux du Gym mais pas seulement. Nous sommes tous Niçois avant tout et c’est à ce titre que nous aimons le Gym, le Ray et les gens qui s’y rendent. L’association est régie par la loi du 1° juillet 1901, elle est apolitique et ne milite que pour le maintient du stade au Ray.

Quel est le but de l’association ?

F.D : Le but de l’association est d’entreprendre toute démarche pour obtenir la reconstruction du stade de football du Gym au Ray. Pour cela, nous misons sur la participation des Niçois à travers la signature de pétitions que nous mettons à la disposition de chacun et à travers les adhésions à notre association. Nous comptons recueillir un maximum de suffrages auprès des Niçois. Nous n’avons que trois semaines d’existence et nous en sommes à plus de 800 adhérents et plus de 3000 pétitions. C’est la preuve d’une opinion populaire marquée.

 

Pourquoi voulez-vous tant que cela garder le stade au Ray ?

F.D : Vous savez, cela fait depuis 1932 que l’équipe professionnelle du Gym joue dans ce stade devenu mythique pour des générations de Niçois. C’est devenu une tradition de « monter au stade ». Depuis les matches du dimanche après-midi des années 1950 au renouveau de l’OGC Nice connu depuis deux ans, des centaines de milliers de Niçois se sont retrouvés dans ce lieu convivial en plein centre ville. Qu’ils aient vu la victoire contre le grand Réal de Madrid en 1960 ou la victoire contre Marseille l’an dernier, tous les supporters gardent le souvenir d’une ambiance mémorable au Ray.

 

C’est donc devenu un lieu d’expression de la culture Niçoise ?

F.D : Exactement. Le stade est un lieu de vie des traditions niçoises, notamment pour la langue. Combien de jeunes ou de moins jeunes ont (re)découvert qu’il existe une langue propre à Nice en montant au Ray ? Aujourd’hui, les chants sont en Français, mais aussi en Italien et en Niçois. C’est la preuve d’une tradition historique vivante qui ne demande qu’à s’exprimer. D’ailleurs, nous ne comprendrions plus l’intérêt de chanter dans ces trois langues si d’aventure l’OGC Nice était amené à évoluer dans un stade dit « départemental » !

Il ne faut pas oublier non plus, que ne pas avoir de stade dans la plaine du Var, c’est mettre un frein considérable aux projets d’un club « Côte d’Azur » sans identité que personne ici ne souhaite.

 

Existe-t-il un projet viable sur l’emplacement actuel du stade ?

F.D : Oui, et c’est bien pour cela que nous nous battons. Lors des premiers appels à projets, certains proposaient de construire le stade sans changer l’orientation du terrain, ce qui permet à l’équipe de ne pas s’exiler pendant deux saisons. Un stade peut donc être reconstruit, tribune par tribune, d’une capacité d’environ 25 000 places dans des délais compatibles avec les exigences des instances du football français. Avec un stade d’une telle capacité en centre ville, le Gym est tout à fait capable de grandir en France et en Europe. Nous voulons également l’intégrer à la vie du quartier en dehors des jours de match en y aménageant des salles de réunions ou des équipements sportifs par exemple.

 

Même si il s’agit d’une infrastructure à l’échelle de la ville, qu’en pensent les habitants du quartier ?

F.D : Et bien la plupart sont favorables au maintien du stade. Les soirs de match, le quartier est plus vivant, les habitants comme les commerçants n’en sont que plus ravis. Evidemment, il y a des désagréments dus aux problèmes de circulation et de sécurité, mais les riverains nous l’ont fait remarquer, la situation s’est nettement dégradée depuis plusieurs mois. A croire que les « responsables » font tout pour pourrir la situation et rendre le stade invivable aux riverains. Mais ces derniers ne sont pas dupes. Ils préfèrent voir en ce stade la garantie d’équipements de proximité intégrés à la vie du quartier qui en manque cruellement. Car, même si Monsieur le Maire a donné sa parole comme quoi le stade serait maintenu en l’état après un départ du club professionnel, nous savons plus ou moins ce que vaut cette parole, s’agissant d’un homme politique (donc pas sûr de sa place aux prochaines élections), et connaissant le prix des terrains en centre ville ! Le stade doit à tout prix rester une espèce de poumon vert du quartier.

 

N’est-il pas trop tard ?

F.D : La décision a été prise en conseil municipal de construire le nouveau stade dans la plaine du Var. Et c’est cette décision qu’il faut annuler. Vous savez, les « grands projets », à Nice, il est assez rare qu’ils se réalisent du premier coup ! (rires)

Comme nous savons que toute une ville n’est pas favorable à ce déplacement, nous sommes convaincus que la mobilisation l’emportera. En tout cas, nous faisons tout pour.

 

Comment peut-on vous joindre ou vous aider ?

F.D : Nous tenons les lundis, mercredis, vendredis et samedis une permanence à L’Olympic, 1 rue Ernest Lairolle de 18 à 20h. Nous avons également un numéro de téléphone et un site internet où chacun peut s’exprimer et donner son avis. Il y a aussi de fortes chances de nous apercevoir dans diverses manifestations culturelles cet été dans tous le Comté.

 

Avez-vous un message à faire passer aux niçois ?

F.D : Et bien, qu’ils soient supporters de l’OGC Nice, ou simples contribuables, les Niçois doivent se sentir concernés par le cas du stade du Ray. Car, encore une fois, il ne faut pas que les simples intérêts économiques de quelques personnes détruisent une identité que des générations de Niçois ont forgé en « montant au stade ». Alors, rejoignez nous, votre nombre fera notre force !

 

RAY E BASTA : 04 93 86 73 09

www.ray-e-basta.fr.st